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3 juin 2010 4 03 /06 /juin /2010 12:04


La cour d'appel de Rennes se donne un mois pour dire s'il faut prolonger l'enquête sur le naufrage du chalutier bigouden. Les familles ne cachent pas leur lassitude.

 

 

Une nouvelle audience, hier, à Rennes, devant les magistrats de la chambre de l'instruction de la cour d'appel. La troisième depuis le mois de novembre.

 

Les familles des victimes, comme l'armateur du Bugaled Breizh, n'ont pas eu de réponse immédiate à la question qui les taraude : les investigations vont-elles se poursuivre pour connaître les causes du naufrage ? Le chalutier de Loctudy (Finistère) avait coulé en Manche le 15 janvier 2004 avec ses hommes d'équipage, dans une zone d'exercices militaires, en cours ou en préparation.

 

Pot de terre contre pot de fer

 

C'est à la lumière de l'expertise de Dominique Salles, demandée par les magistrats rennais, que les trois avocats ont plaidé en faveur de la poursuite des investigations. Selon l'expert, un sous-marin américain aurait pu se trouver en Manche, en janvier, pour surveiller un transport de déchets nucléaires vitrifiés entre Cherbourg et le Japon. Une présence « préparatoire » à la surveillance d'un convoi de déchets nucléaires militaires américains parti de Cherbourg en octobre 2004. « Cette thèse mérite d'être creusée », indique Christian Bergot, avocat des familles et du comité local des pêches du Guilvinec.

 

Michel Kermarrec, avocat de Michel Douce, armateur du navire, qualifie de point crucial la présence d'un troisième radeau de survie, non identifié, sur zone. « Ce qui signifie que quelqu'un sait ce qui s'est passé depuis le début », assure-t-il.

 

Dominique Tricaud, avocat du fils d'une des victimes, estime, quant à lui, que le « mur de caoutchouc est peut-être en train de se fissurer ». Ce mur qui éloigne les parties civiles de la vérité, et les empêche de « faire leur travail de deuil ».

 

Un accident devenu une affaire d'État, parce qu'en haut lieu, quelqu'un s'est tu : c'est la thèse que soutiennent toutes les parties civiles. Une sorte de nouvelle histoire « du pot de terre contre le pot de fer », pour Christian Bergot.

 

À l'issue d'une matinée de plaidoiries, les avocats étaient plutôt confiants. « Je ne vois pas comment la cour refuserait les demandes de commissions rogatoires internationales vers les pays détenteurs de sous-marins nucléaires d'attaque », poursuit l'avocat. Même écho du côté de son confrère, Michel Kermarrec : « Maintenant, il faut que l'arrêt soit extrêmement motivé pour avoir le plus de poids possible. »

 

Car, si le 2 juillet, la chambre de l'instruction décide de rouvrir le dossier, il faudra aller frapper à la porte des marines concernées. Et donc celle du Pentagone. Rien que ça. C'est dire si pour les familles comme pour l'armateur, le chemin de la vérité s'annonce encore bien long. « Depuis sept ans, on attend que quelqu'un nous dise la vérité », lâche Rémy Gloaguen, frère d'une des victimes. Sept ans de combat.

 

Renée-Laure EUZEN.

 

Source : Ouest-France

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